Football: huit personnes en prison préventive après des violences à l’OM – clicfoot

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Football: huit personnes en prison préventive après des violences à l’OM

Football: huit personnes en prison préventive après des violences à l'OM

Quatorze hommes ont été jugés lundi pour comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Marseille. La majorité, ayant choisi de demander une date limite pour préparer sa défense, il a été décidé de reporter le processus au 24 février.

Ils venaient de Neuilly, Angoulême, Saint-Dizier et Montceau-les-Mines, tous supporters de l’Olympique de Marseille (OM). Devant le tribunal, certains ont dit espérer participer à « une fête d’avant-match », d’autres qu’ils sont venus « encourager les joueurs » ou « visiter les installations du centre d’entraînement » de l’OM de La Commanderie. Cependant, quelques-uns ont avoué vouloir exprimer leur mécontentement face aux mauvais résultats du club, cherchant, selon l’un, «à établir un dialogue avec la direction». Au premier rang, un prévenu portait toujours son survêtement de fan club Ultras.

Cachés dans le box des détenus, quatorze hommes âgés de 19 à 37 ans ont été jugés lundi 1er février, en comparution immédiate par le tribunal correctionnel de Marseille. La majorité ayant choisi de demander un délai pour préparer leur défense, les juges ont pris la décision de reporter la procédure au 24 février.

Parallèlement, sur les quatorze prévenus soupçonnés d’avoir participé, samedi 30 janvier, aux violences et dégradations du centre de formation, six ont enfin retrouvé leur liberté, sous contrôle judiciaire.

Huit autres ont été placés en détention. Ceux qui ont quitté le tribunal librement ne peuvent participer à aucune manifestation de rue et doivent s’inscrire une fois par semaine au poste de police de leur lieu de résidence.

Le substitut du procureur André Ribes avait demandé l’arrestation de ces quatorze manifestants qui étaient détenus tandis que la police estimait à trois cents le nombre d’agresseurs dans les locaux de l’OM et auteurs des violences subies par leurs collègues. Les images vidéo sont analysées, les profils ADN sont exploités, les réseaux sociaux sont recherchés dans le cadre d’une enquête en cours. « Je recherche d’autres auteurs », a annoncé le magistrat, qui a dénoncé « des actes atroces ».

Une « attaque hyperviolente »

Une "attaque hyperviolente"

« Ce qui était inimaginable vendredi est devenu visible samedi sur tous les écrans de télévision », a déclaré Ribes dans son acte d’accusation. Voir l'article : Football. Le Mans FC sort du brouillard face à Cholet et lorgne en tête du classement national. Faisant référence à cette manifestation convoquée sur les réseaux sociaux et annoncée dans la presse, le magistrat a évoqué une «attaque hyperviolente»: «Dès qu’ils arrivent, ils n’essaient pas de se disputer, ils veulent casser le portail, ils se frappent. « 

Il a fallu attendre l’arrivée des renforts de police pour procéder aux arrestations. Le parquet de Marseille a justifié ses demandes d’ordonnance de déposition contre tous pour « risque de répétition », alors que le classique OM-PSG doit se jouer dimanche 7 février.

Le parquet de Marseille a retenu les délits de dégradation et de destruction des locaux du centre de formation et d’une voiture de police pour certains et pour tous le délit de « participation à un groupe formé pour la préparation de violences contre les personnes et de dommages aux biens » .

Peiné jusqu’à un an de prison, ce crime se caractérise aux yeux du parquet pour avoir répondu à un appel national à protester «avec la volonté de faire pression sur la direction du club». Plusieurs dizaines de bombes fumigènes ont été remises aux participants », a déclaré le parquet dans un communiqué.

« Sur les trois cents, vous avez ceux qui ne se sont pas présentés parce qu’ils ne se sont pas sentis coupables de quoi que ce soit », a déclaré Julien Gautier, qui défendait six accusés. Mehdy, qui veut devenir entrepreneur indépendant «pour livrer de la nourriture», est originaire d’Angoulême. «Je suis un partisan, mais pas un abonné. J’étais à la manifestation, mais je n’ai rien dégradé », a-t-il expliqué. Déjà condamné à être mis sur un terrain de football, il voulait «demander un maillot à un joueur», dit-il.

« Je n’ai rien touché, rien à me reprocher, je suis venu avec rien »

Romain est le plus jeune des quatorze ans, il a 19 ans et vient d’être diplômé du lycée. Le jeune marseillais, fan du club, cherchait des contacts. «J’ai tous mes cours de première année de BTS dans l’immobilier à distance et très peu de contacts en raison de la crise sanitaire», résume-t-il.

Pour son avocat, Christophe Pinel, «la partie civile parle de barbares, de volonté criminelle, mais Romain participe à la flânerie pour les sans-abri et n’a reçu, l’été dernier, que des éloges, alors qu’il travaillait comme moniteur de voile».

Le pâtissier d’Aix-en-Provence Julien, 27 ans, l’un des trois ou quatre membres du club Ultras, était «venu, avec [sa] compagne, exprimer son mécontentement». Il fait partie des huit incarcérés après l’audience, malgré ses démentis: «Je n’ai rien touché, rien à avoir honte, je suis venu avec rien, seulement mon écharpe.» Il a déjà été condamné et expulsé du Stade Vélodrome pour introduire une fumée.

Mathieu, un designer industriel de Neuilly-sur-Seine, avoue être venu « pour une grande action » annoncé sur Snapchat. « Il nous expliquera le 24 février ce qu’est une grande action », a répondu le président du tribunal.

Ce «tout dans le même panier» opéré par le parquet a été dénoncé par les avocats de la défense. «Ni les fans, ni la presse, ni le citoyen moyen ne pouvaient imaginer voir ces images, selon Me Gautier. Et il est donc concevable que les prévenus aient voulu manifester pour exprimer leur mécontentement vis-à-vis de la direction du club mais n’imaginaient pas que cela se terminerait ainsi. « En tout cas, pour ceux …

N’ayant pas eu à intervenir dans le sort des accusés avant leur comparution le 24 février, les avocats de l’OM et de la Ligue de football étaient présents. Le club a estimé les dommages à plusieurs centaines de milliers d’euros. Selon l’avocat de la Ligue, « le report du match Rennes-OM signifie qu’il n’a pas été diffusé et a donc un impact économique ».

Luc Leroux (Marseille, correspondant)

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