Le football français est-il en train de s’effondrer? – clicfoot

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Le football français est-il en train de s’effondrer?

Le football français est-il en train de s'effondrer?

Le football français vacille. Entre la crise sanitaire et le scandale Mediapro, la principale station qui a arrêté ses paiements, les revenus générés par les clubs se font rares. L’annonce du rachat des droits des championnats de ligue 1 et 2 par Canal + pour 700 millions d’euros est une bouffée d’oxygène pour les clubs, mais les pertes restent importantes par rapport aux prévisions. Au Grand Est, cinq clubs professionnels évoluent en ligue 1 et 2.

Tout en suant l’opulence, avec des sommes incommensurables engagées à tous les niveaux, la communauté du football révèle une fragilité à laquelle nous n’étions pas habitués. La crise sanitaire n’échappe pas à cette vulnérabilité. Mais qu’en est-il de Mediapro, la station qui s’est effondrée en trois mois. Pour comprendre les rebondissements du naufrage, il faut remonter à 2018. Le groupe sino-espagnol a remporté 80% de l’appel aux droits télévisuels de Ligue 1 et 2 sur la période 2020-2024 contre 820 millions d’euros dans un total qui atteint un maximum de 1 153 millions d’euros. Le nouveau diffuseur n’hésite pas à se poser des questions en lançant une offre à 25 € par mois tout en ciblant 3,5 millions d’abonnés … Des chiffres pour le moins ambitieux, même si l’on ne considère que la population totale française. «La chaîne a été lancée avec une logique commerciale faible. Ils l’ont fait à la hâte. La première erreur de la ligue de football professionnelle a été de sous-octroyer des droits de télévision. Aussi sans aucune garantie financière. Il semble évident que Mediapro a acheté les lots dans l’espoir de les vendre à d’autres diffuseurs. Leur pari s’est avéré perdant car, bien qu’ils espéraient vendre Bein Sport et Canal, il n’a pas été tenu », envoie l’économiste du sport Pierre Rondeau.

« Mediapro a probablement voulu spéculer sur les droits de la télévision », confirme Anthony Alyce, fondateur et rédacteur en chef du site ecofoot.fr. Mediapro, cependant, n’a jamais revendiqué officiellement cette stratégie économique. Très vite, la situation devient omniprésente: en août le groupe réalise sa première tranche de six, de 170 millions d’euros, et puis … rien. Si les détails de la conciliation n’ont pas été rendus publics, le groupe a accepté de payer 100 millions d’euros de dédommagement (64 millions ont été payés et 36 sont attendus dans les mois à venir) et de rendre l’antenne pour bon. Il est difficile d’expliquer un tel désastre en si peu de temps, d’autant plus que Mediapro est tout sauf un illustre inconnu. Le groupe qui «occupait des bureaux au même étage que BeinSport à Boulogne», précise Pierre Rondeau, a déjà lancé une chaîne dédiée à la Liga en Espagne (l’équivalent de la Ligue 1). Bien que Mediapro ait perdu les droits de télévision du championnat lors du dernier appel d’offres, la société détient toujours les droits de diffusion internationaux du concours. En outre, le groupe a produit des films de Pedro Almodóvar. «Cette faille du marché français est surprenante. D’autant que Mediapro a vendu 50% de son capital à un acteur chinois: Orient Capital (basé à Shanghai, ndlr), qui aurait dû leur donner plus de pouvoir financier. Ont-ils compris trop tard qu’ils étaient en danger en France, que le modèle était déficitaire et donc qu’ils préféraient se retirer avant la catastrophe? Demande Anthony Alyce. « Le constat est simple, ils ont échoué dans leur stratégie en France », ajoute Pierre Rondeau, péremptoire.

Il faut également tenir compte du fait que malgré les portes closes, les audiences télévisuelles avant les matches ont diminué par rapport à la saison dernière. L’audience moyenne des matches de Ligue 1 diffusés sur Canal + est tombée à 861000 téléspectateurs en 2019-2020 (hors Capital). C’est la moitié de celle de 2007-2008. La valeur des droits pendant cette période a doublé. Cela montre simplement que le sport de haut niveau, sans ses fans, est très peu. Le développement du streaming depuis 2018, avec l’absence de lois fortes en France pour lutter contre, couplé à la « terrible publicité lors du premier confinement avec la grève saisonnière » pointée par Pierre Rondeau peut également expliquer cette faillite.

Et maintenant ?

Et maintenant ?

Depuis février, nous connaissons l’identité de l’homme qui pourrait bien être considéré comme le sauveur du football français. Canal a revendiqué les droits des 14 matchs de championnat restants cette saison. Une bouffée d’air frais pour les clubs français, qui ne peuvent pourtant cacher le problème. Au total, les clubs recevront environ 700 millions d’euros cette saison, 40% de moins que le montant prévu de 1 153 millions d’euros. Une victoire pour la Ligue et les clubs, mais il reste à voir si ce n’est pas la Pyrrhus. Ceci pourrez vous intéresser : Droits télévisuels: Canal + refuse de négocier avec la Ligue de football professionnel. Lors de l’établissement des budgets, la somme de plus d’un milliard a été prise en compte … Une différence incroyable par rapport à la réalité. « Il ne faut pas rêver, le milliard d’euros, on n’en aura plus », coïncident en disant Pierre Rondeau et Anthony Alyce. Selon SoFoot, la LFP prévoyait 622 millions d’euros pour sauver la Ligue 1, 46% de moins que prévu … Ce chiffre a au moins été atteint. «Si les taux baissaient trop bas, cela mettrait les clubs en danger. Cette source de revenus correspond en moyenne à 50% du résultat opérationnel des clubs. Pour certains, cela monte à 75% », ajoute Anthony Alyce.

L’ajout de calamités

Au problème des droits de télévision s’ajoute la crise sanitaire elle-même. «C’est bien pire qu’en avril car les compétitions se sont arrêtées là. Les clubs ont reçu une aide. Le chômage partiel, même avec un salaire de footballeur (plafonné à 4,5 fois le SMIC. Le salaire moyen en Ligue 1 est de 35 000 euros bruts par mois, ndlr), a permis une petite économie, encore plus en Ligue 2. Là, il faut jouer les matches, il faut donc ajouter les frais d’organisation des matches, qui sont chers même sans compter l’accueil des supporters », explique Anthony Alyce. Si un accord au cas par cas entre clubs et joueurs sur la baisse de salaire temporaire pourrait être validé, la situation reste préoccupante. Les recettes liées à la vente des billets et celles liées au «match day» (restauration, chemises, foulards, etc.) représentent environ 10% du budget du club. Encore des revenus que les clubs peuvent abandonner en cette période de torture.

Aussi, le signal envoyé aux sponsors, qui pèsent un peu plus de 400 millions d’euros en Ligue 1, n’est pas forcément en bonne forme avec des groupes qui préféreront peut-être garder leur box pour sauver leur business. «Les clubs n’ont plus rien. Il y a vraiment la crise. On craint de ne pas pouvoir payer plus les joueurs. Même le PSG a mis 200 salariés au chômage partiel. C’est un club qui, par exemple, avait 100 millions d’euros de recettes au box-office … C’est vraiment inquiétant même si de nouveaux prêts d’Etat peuvent être accordés. Il y a des solutions si l’état est hors du chapeau. Mais êtes-vous prêt à soutenir le football? Ce serait compréhensible sinon: avec la situation actuelle, la mutation du virus, la perspective d’un nouvel enfermement, je ne pense pas que l’opinion publique apprécie le soutien au football français », s’inquiétait Pierre Rondeau peu avant l’annonce du rachat. . des droits de télévision.

En fait, les clubs auront probablement besoin de leurs actionnaires pour reconstituer leurs fonds lorsque cela est possible. «Certains clubs ont des actions, comme l’OL avec son stade et ses fonds immobiliers, ou des actifs puissants, qui pourraient être avancés, comme des joueurs qui ont une forte valorisation financière», explique l’économiste, également professeur d’économie à l’École. de la gestion du sport. . Il y a combien de temps le temps où Neymar quittait le FC Barcelone pour le PSG pour une somme record de 222 millions d’euros. L’été dernier, aucune transaction n’a été validée pour plus de 100 millions d’euros, alors qu’elle était devenue courante ces dernières années. Pour la fenêtre de transfert de cet hiver, les échanges de prêts et de joueurs étaient courants.

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