Michel Moulin: « Notre football est en train de mourir » – clicfoot

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Michel Moulin: « Notre football est en train de mourir »

Michel Moulin: "Notre football est en train de mourir"

Directeur sportif du Red Star puis du FC Istres avant de devenir conseiller sportif du Paris Saint-Germain, président de l’UJA Alfortville et désormais vice-président de Blois Football 41, Michel Moulin n’a jamais cessé de faire le tour du monde du football. Aujourd’hui, le fondateur de ParuVendu et Dix Sport entend conquérir la présidence de la Fédération, avec le soutien de nombreux anciens athlètes (Douillet, Barthez, Di Meco, Olmeta, Bravo, etc.) et chefs d’entreprise. Ses ambitions pour la FFF, le football amateur, Didier Deschamps, Karim Benzema ou encore Mediapro, confie le candidat Moulin.

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Le Point: Vous avez quitté le monde du football professionnel il y a dix ans après avoir quitté Le Mans. Qu’est-ce qui a motivé votre retour sur le devant de la scène et votre candidature au poste de président de la FFF?

Michel Moulin: Aujourd’hui je vois que notre football est en train de mourir. D’un point de vue local, il y a de moins en moins de bénévoles, d’éducateurs, de licenciés ou de clubs. Évidemment, il y a des problèmes de sécurité qui poussent les parents à cesser de mettre leurs enfants dans le football, ce qui explique notamment la présence de Bernard Squarcini, ancien responsable du renseignement interne, dans mes rangs. D’un point de vue fédéral, je vois un trop grand manque de bienveillance et d’appréciation de la part de certains dirigeants à l’égard du football amateur. Nous devons faire de la proximité une urgence. Les clubs, districts et ligues devraient être mieux considérés.

Vous avez été joueur amateur, entraîneur, directeur sportif … Est-ce ce qui fonde votre légitimité dans ces élections?

Ce qui établit ma légitimité, c’est que je suis un homme passionné. J’ai obtenu ma première licence à l’âge de six ans, j’étais joueur, entraîneur (Red Star 93 et ​​FC Istres) et conseiller (PSG). J’ai même sponsorisé des clubs via mon entreprise ParuVendu! J’ai aussi un chapeau d’entrepreneur, qui me permet de toujours anticiper pour résoudre des problèmes de fond, et celui d’un provincial, qui me rapproche des territoires.

Quelles sont vos ambitions pour la FFF?

Mes aspirations reposent sur le triptyque éducation, sécurité et décentralisation. Tout d’abord, l’une des priorités du football amateur est de s’occuper des jeunes de 7 à 11 ans. Car c’est à cet âge que nous leur apprendrons les fondamentaux de la vie, de la diversité et de la socialisation. Nous leur apprendrons également les bases du football, c’est le plus important. Car très souvent, à 12-13 ans, de nombreux jeunes joueurs sont déjà éliminés et quittent nos rangs. Pour soutenir ces clubs et encadrer ces jeunes, je souhaite que des éducateurs professionnels soient employés.

Donc, l’autre priorité est la sécurité. Le monde du football amateur est en proie au manque de courtoisie. Par exemple, on voit qu’il y a de moins en moins d’arbitres, parce qu’ils ont peur. Les parents ne sont également plus confiants. Pour arrêter ce phénomène, il faut prendre des mesures énergiques sans perdre de temps.

Enfin, je souhaite une plus grande proximité avec le terrain. Je souhaite délocaliser le plus possible les choses pour mieux prendre en compte les spécificités de chaque département et de chaque district. Nous devons repenser la façon dont nous travaillons et décentraliser. Il y en a 330 qui travaillent dans la Fédération, je pense que 150 seraient plus que suffisants.

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Quelles sont vos relations avec Didier Deschamps? Vos échanges se sont-ils calmés?

Vous savez, je ne suis pas un politicien. Au contraire, je dis les choses clairement. Je ne voulais pas blesser M. Deschamps parce que c’est une bonne personne. Mais avec mes yeux de chef d’entreprise, je vois qu’il y a certaines inquiétudes quant à la prise de position. Cependant, pour moi, un patron doit décider. Je crois que s’il y a des problèmes entre un joueur et son entraîneur, c’est au président de la fédération de régler le différend. C’est à lui de se positionner. Et vous lui rendez service parce qu’il n’a pas à supporter le fardeau de telle ou telle décision. Il en va de même pour Corinne Deacon et ses joueurs. Si à l’époque de Knysna nous avions eu un vrai boss pour anticiper les problèmes entre certains joueurs, nous n’aurions jamais eu de grève. Aujourd’hui, Didier Deschamps est salarié de la fédération, il n’est pas le patron …

Vous, le président de la FFF, Didier Deschamps, serez-vous toujours l’entraîneur de l’équipe de France?

Je ne vois pas pourquoi je devrais me séparer de M. Deschamps. Ce serait fou! J’aime les gens qui obtiennent des résultats parce qu’ils éliminent beaucoup de mes problèmes (rires). Dans la vie, je dis toujours qu’il faut aimer les gens que l’on dirige, ne pas s’attendre à ce qu’ils vous aiment mais vous respectent. J’adore M. Deschamps. Si tu ne m’aimes pas mais que tu me respectes, ça me va.

Même si le match de l’équipe de France ne m’excite pas plus que ça, je préférerais un numéro 10 et deux attaquants, Didier Deschamps nous a fait gagner la Coupe du monde! Il faudrait être fou pour se séparer de lui. Les personnes qui réussissent sont des exemples que j’admire. Et au vu de ses résultats, mon chapeau lui va. Pour l’instant, il a un contrat qui court jusqu’en 2022 et je suis prêt à discuter avec lui. LIRE AUSSI le tacle de lundi – Equipe de France, ce cadavre toujours en mouvement! Alors, que fait-on de Karim Benzema?

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Pour moi, Karim Benzema est un joueur sélectionnable comme les autres. Ensuite, il y a un coach qui le choisit ou non. S’il est l’un des meilleurs joueurs d’Europe et que nous décidons de ne pas le sélectionner, nous devons expliquer ce choix. En tant que chef de la Fédé, vous devez justifier ces décisions. Demandez aux entraîneurs ou aux présidents s’ils ne jouent pas avec leurs meilleurs joueurs.

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La relation que j’ai avec les deux hommes est bonne. Par mon passé et mon implication dans le football, j’ai toujours eu de bonnes relations avec Noël Le Graët. Tu sais que je suis passionné. J’ai même appelé à voter pour lui en 2012 et je pense qu’il a fait de très bonnes choses.

Aussi, je connaissais bien Frédéric Thiriez lorsqu’il était directeur d’Istres. Puis il a été président de la Ligue. Nous nous entendons très bien, nous partageons nos idées et chacun a les leurs. Mais le plus important n’est pas nos situations personnelles, c’est de sauver le football français! Que je sois élu ou non, j’espère au moins que les nouvelles idées que j’apporte seront préservées. Nous avons besoin d’un nouveau souffle.

Un mot sur l’échec de Mediapro?

Je l’ai écrit il y a deux ans, c’était un échec annoncé. En 2019, Mediapro était dans une situation économique négative et n’avait aucune garantie financière. Le contrat a été signé et derrière, M. Quillot – ancien directeur général exécutif de la LFP – a reçu sa prime de 500 000 €. Qu’est-il arrivé ? Pire encore, nous avons balayé trente-cinq ans de droits télévisuels avec Canal +. Quillot croyait que le football était lui et a commis une grave erreur.

Dans ce cas, la Fédération a le droit de surveiller la LFP. La FFF aurait dû en savoir plus sur les difficultés financières du groupe sino-espagnol. Qu’a fait Florence Hardouin, PDG de la FFF? Compte tenu de l’énorme salaire que vous recevez, vous devez contrôler ce qui est fait. Il aurait dû enquêter sur la situation financière de Mediapro et tenir Didier Quillot responsable.

Enfin, comment voyez-vous la gestion du sport par le gouvernement depuis la pandémie?

Aujourd’hui, nous n’écoutons pas la voix du sport. Le gouvernement a tellement de préoccupations en dehors du sport que d’autres personnes doivent transmettre ce message. C’est aux présidents des fédérations d’être beaucoup plus vindicatifs, de frapper la table avec leurs poings. Et dans le football, votre locomotive, soyez votre mégaphone!

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